Mardi 20 mai 2008


Pèlerin d'Arès! Personnellement, je me serais bien passé de cette étiquette! Je me considère simplement comme un frère des hommes, un citoyen du monde et, pour ce qui est de ma sensibilité spirituelle, comme un fils d'Abraham, sans confession particulière. Pour moi "pèlerin d'Arès" c'est du bruit d'homme, comme Juif, Chrétien, Musulman : Le bruit d'homme : yhoudi, mousselmi, christane (RA XXXII/8). Pourquoi aurait-on besoin de se distinguer des autres par un vocable spécifique, lorsqu'on se sent appartenir à la grande famille humaine et que l'on rêve de l'abolition de toutes les frontières, de tous les exclusivismes et de toutes les discriminations! Mais puisque notre monde réclame des étiquettes... et que l'on ne changera pas ce monde en fuyant sa réalité, j'ai fini pas accepter - non sans rechigner - de me voir affublé de ce "sobriquet"...

Alors qu'en est-il des pèlerins d'Arès? On parle parfois d'eux sans trop savoir ce qu'ils sont et ce qu'ils veulent. A leur sujet, on peut entendre tout et le contraire de tout : Ceux qui ne veulent retenir des pèlerins d'Arès que leur aspiration à l'égalité et au partage les qualifient volontiers de communistes. Mais à l'opposé, ceux qui focalisent sur leur amour de la liberté et leur rejet d'une société étatisée et réglementée, les voient plutôt comme des ultra-libéraux.
Pour certains observateurs de droite, les pèlerins sont à gauche. A contrario, pour certains observateurs de gauche, les pèlerins sont à droite.
Certains les trouvent archaïques à cause de leur référence à la Bible et au Coran, d'autres sont déroutés par leur non-conformisme et l'audace de leur foi... Assimilant leur spiritualité* à une croyance religieuse traditionnelle, certains considèrent leur mouvement comme une secte*. Mais à l'opposé, mettant l'accent sur leur rejet de tout credo imposé, de tout clergé, de tout culte et sacrement, il arrive qu'on les décrive comme des agnostiques, voir des antireligieux.
Leur volonté d'aimer fraternellement tous les hommes sans discrimination, de pardonner de façon résolue et inconditionnelle, de travailler à la réconciliation, de refuser de juger, les fait parfois passer pour de doux rêveurs utopistes et naïfs. Mais il n'est pas rare non plus que leur choix résolu de combattre l'injustice, de libérer les spoliés et les exploités, de transformer radicalement la société, les fassent assimiler à des révolutionnaires…etc.

Cette petite énumération des diverses façons contradictoires de cataloguer le mouvement des pèlerins d'Arès révèle à elle seule que ce mouvement ne se laisse pas enfermer dans les catégories réductrices. Pour comprendre la nature du mouvement des pèlerins d'Arès, il est nécessaire de revenir à son origine : La Révélation d'Arès.

La Révélation d'Arès est un Message de Dieu dans la lignée des Messages bibliques et coraniques, révélé à Arès (bourgade de Gironde) en 1974 et 1977. Progressivement, des femmes et des hommes de toutes origines ont répondu à cet Appel et se sont mobilisés pour l'accomplir* (RA 24/1; 29/6; 35/6). Pour la révélation d'Arès, la vérité n'est pas une construction intellectuelle : la vérité c'est que le monde doit changer (RA 28/7). Pour cette raison, les femmes et les hommes qui suivent la Révélation d'Arès accordent beaucoup plus d'importance à ce que l'on fait de sa vie qu'aux croyances et aux théories. Une personne est ce qu'elle fait davantage que ce qu'elle croit. Ce n'est pas l'adhésion à un credo ou à une doctrine qui produit le salut mais l'effort de changer sa vie et de participer à l'avènement d'une humanité meilleure. Quelques pèlerins d'Arès ne sont même pas croyants (ils croient cependant en l'homme...), d'autres sont encore des pratiquants des religions chrétiennes, juives et musulmanes.

La Révélation d'Arès n'appelle pas à la formation d'une nouvelle religion, mais au contraire à l'affranchissement progressif de toutes formes de système, c'est pourquoi le mouvement des pèlerins d'Arès est resté délibérément informel et spontané jusqu'à aujourd'hui et entend le rester. Ce mouvement cultive volontairement en son sein la diversité, la complémentarité naturelle des familles d'affinité, une remise en question perpétuelle et un mouvement constant de recherche et d'adaptation. Comme la vie elle-même, il s'efforce de rester évolutif, ce qui ne facilite pas son appréhension par des observateurs extérieurs. Administrativement, aucune organisation ou association ne regroupe et ne représente les Pèlerins d'Arès comme tels. Les quelques associations déclarées de pèlerins d'Arès sont seulement des initiatives ponctuelles pratiques qui n'engagent que leurs adhérants. Les pèlerins d'Arès n'ont ni chef, ni dogmes, ni structure centralisatrice ou autoritaires. Le lien qui soudent entre eux les pèlerins d'Arès n'est pas d'ordre hiérarchique ou organisationnel ; ce lien est simplement le sens de la vie et la logique d'action découlant naturellement de La Révélation d'Arès. Il n'existe ni parcours initiatique, ni obligations autres que celles que dictent à chacun sa conscience et la logique de sa foi.

Quelle est cette logique? Pour les pèlerins d'Arès le bien - et donc le bonheur - ne peut venir ni d'institutions ou d'organisations, ni de leurs lois, mais seulement du coeur de l'homme, de la volonté de chacun de devenir librement bon. Aucune contrainte, aucune loi, aucun pouvoir n'a jamais rendu l'homme bon. Les pouvoirs n'ont fait que gérer la barbarie dans le meilleur des cas, quand ils ne l'ont pas générée ou amplifiée. C'est pourquoi les pèlerins d'Arès ne placent leur espérance dans aucun système. Ils placent leur espérance dans la capacité humaine à évoluer sans cesse dans la voie de l'amour fraternel libre, patiemment développé, éduqué et fortifié. Le mal et le malheur ne seront pas vaincu par la politique, la science, la religion ou la morale mais par chaque être humain en lutte au fond de lui-même pour recréer son âme.

Les pèlerins d'Arès ne sont pas des "petits saints", ils avancent à tâtons, non sans lenteur et erreurs parfois, dans la voie exigeante indiquée par la Révélation d'Arès. Ils ne se croient pas meilleurs que les autres hommes, ils ne prétendent pas être des modèles, ils s'efforcent avec opiniâtreté et humilité de démontrer que la vie spirituelle libre est praticable et que la spiritualisation du monde recèle un potentiel d'évolution humaine encore insoupçonné. Le mouvement des Pèlerins d'Arès se cherche, c'est un mouvement toujours à naître, de même que chacun est toujours à naître et à renaître des ses doutes et de ses faiblesses qui le tirent sans cesse vers la mort de l'indifférence et de la passivité.
Les pèlerins sont encore très souvent en décalage par rapport à leur idéal sublime, certes, mais ils sont en marche, ils refusent de se résigner, surmontent la désespérance et le cynisme de ce monde pour répondre à l'Appel du Créateur. A rebours des idées communes souvent pessimistes et résignées, les pèlerins d'Arès affirment que l'homme est capable de se transformer en profondeur, encore faut-il lui en faire prendre conscience et lui redonner confiance en lui-même : c'est précisément la mission qu'ils se donnent.

Présentation par Thierry, initialement rédigé pour  le site de Lyon "le jardin qui ne fane pas".
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Par Thierry - Publié dans : Les pèlerins d'Arès
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